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Le gasoil 50 ppm made in Maroc sera bientôt sur le marché. En effet, «le démarrage de la 1re phase de production à la Samir est prévu entre le 5 et le 10 juillet avec l’entrée en service de l’unité d’hydrosulfuration qui est dotée d’une capacité de 2,5 millions de tonnes», annonce Saïd El Oufir, directeur des combustibles et des carburants au ministère de l’Energie. Quant à la deuxième phase, celle de l’unité principale d’hydrocracking, elle sera opérationnelle au mois de septembre prochain. Elle portera sur une capacité de production de 1,5 million de tonnes de gasoil 50 ppm. «En plus de son programme de production d’un gasoil 50 ppm et d’un super sans plomb, la Samir va intégrer la campagne d’efficacité énergétique pour optimiser sa production et minimiser les émissions de gaz», déclare Moulay Abdellah Alaoui, président de la Fédération nationale de l’énergie. Les réductions des émissions de gaz sont estimées à 54.000 tonnes par an, souligne El Oufir.
Les coûts de l’entrée en service de ces deux nouvelles unités de production ne sont pas connus pour l’heure. Mais l’investissement global destiné à la modernisation et à la rénovation de la raffinerie aura atteint pas moins de 900 millions de dollars. Le raffineur s’est d’ailleurs offert la dernière génération d’hydrocracking qui permettra de produire, dans un premier temps, du gasoil 50 ppm, et dans un deuxième, du gasoil 10 ppm, prévu pour 2012. A noter qu’en 2009, la France est passée du 50 au 10 ppm.
Une chose est sûre, le gasoil 50 ppm qui sera produit à la raffinerie de Mohammedia doit être conforme aux standards internationaux et son prix devra rester le même. A moins d’une nouvelle hausse des prix du pétrole. A l’heure où nous mettions sous presse, le cours du brut à l’international tournait autour de 70 dollars le baril.
En termes de volume, la production de ce type de gasoil par Samir permettra de répondre à 80% des besoins de consommation locale. Ceci étant, le Maroc continuera toujours d’importer l’équivalent de 20% de sa consommation de ce carburant. Des importations qui s’expliquent par les besoins d’un marché local toujours en croissance, contrairement aux marchés internationaux. L’Europe, par exemple, compte en moyenne 600 véhicules pour 1.000 habitants. Au Maroc, ce ratio est de 60/1.000. Ce qui donne une idée sur le potentiel de développement que connaîtra encore le secteur de l’automobile.
Quant à la réserve stratégique, elle évoluera en fonction de l’augmentation des capacités des infrastructures de stockage qui sont en cours de mise en place. Selon des distributeurs, la capacité nécessitera des investissements lourds, estimés à quelque 5 milliards de DH pour l’achat de bacs de stockages et du gasoil. La réserve stratégique sera constituée avant 2012 et ce, suivant un plan sur lequel les pouvoirs publics et les distributeurs devront se mettre d’accord. Il faut rappeler à ce titre que les professionnels réclament à l’Etat des incitations économiques afin de pouvoir investir dans la mise en place de stocks de sécurité, représentant 60 jours de consommation.
Sur le registre de la répartition de la consommation d’énergie pour l’année 2008, le Maroc a consommé 14,7 millions de tonnes équivalents pétrole (Mtep). Les produits pétroliers en représentent près de 70%, suivis du charbon (25%), de l’électricité importée d’Espagne et d’Algérie (7,5%), du gaz naturel (3,7%). L’électricité hydraulique et l’éolien représentent respectivement 1,6 et 0,5%. Pour ce qui est de la consommation de l’énergie, elle augmente de 5,8% par an. A elle seule, la production de la raffinerie en gasoil atteint 1,9 million de tonnes par an. Pour combler les besoins du marché, 2 millions de tonnes supplémentaires sont importées chaque année. Concernant la consommation globale de gasoil, elle s’est établie en 2008 à 4 millions de tonnes, soit 7,6% de plus par rapport à 2007. Ce qui est jugé trop élevé comparativement aux pays industrialisés où ce taux est généralement inférieur à 1%. Un taux qui s’explique par la quasi-absence de moyens de transport de masse. L’essentiel de la circulation des voyageurs et des marchandises se fait essentiellement par voie terrestre. Quant à la facture énergétique du pétrole brut et des produits pétroliers importés, elle s’est établie, en 2008, à 61,5 milliards de DH. S’y ajoute le prix du charbon (6,5 milliards de DH) et de l’électricité importée pour la soudure (2,6 milliards de DH). Au total, la facture s’élève à 70,6 milliards de DH payés en devises en 2008, contre 51,8 milliards un an auparavant. L’explosion de la facture pétrolière s’explique aussi par la flambée du cours du pétrole, passé de 45,9 dollars à près de 150 dollars le baril en juillet 2008. Pour sa part, la facture du charbon est passée de 4,3 milliards en 2007 à 6,5 milliards de DH en 2008. Enfin, l’électricité importée aura coûté 2,6 milliards de DH aux caisses de l’Etat en 2008, contre 1,6 milliard de DH l’année précédente. source : l'economiste
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