Saly (Sénégal), 25/01/08 - Le ministre de l'Equipement et du Transport, M. Karim Ghellab, a invité les bailleurs de fonds à contribuer au financement de l'achèvement des axes de la route transsaharienne entre Tanger et Lagos, pour permettre une connexion entre le nord et le sud du continent africain.
"Le Maroc souhaite que les bailleurs de fonds accompagnent la réalisation des éléments structurants de cet axe qui permet une connexion verticale entre le nord et le sud de l'Afrique", a affirmé le ministre lors de la conférence ministérielle sur le financement des infrastructures en Afrique, tenue jeudi à Saly (80 km de Dakar).
Il a rappelé que la route entre le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal est déjà opérationnelle, grâce aux efforts du Maroc et de la Mauritanie qui a mis en service la route Nouakchott-Nouadhibou, permettant ainsi une "reconfiguration du commerce entre ces trois pays et entre le nord et le sud du continent".
"Puisque le trafic est le meilleur indicateur de l'importance d'une route, plus de 600 véhicules traversent chaque jour la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, dont une centaine de camions", a-t-il précisé.
Dans le cadre de la concrétisation de la route Tanger-Lagos, M. Ghellab a mis en relief la réalisation par le Maroc au cours des dernières années d'un réseau routier et d'un réseau autoroutier de 900 km en direction de l'Algérie et de la Mauritanie.
Il a également souligné les retombées positives des ports Tanger-Med et du projet de TGV pour développer les échanges commerciaux entre le Maroc, l'Europe et l'Afrique, et assurer la fluidité de la circulation des personnes.
Selon le ministre, il ne reste actuellement que la construction du pont Rosso, à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, et du pont sur le fleuve Gambie, à la frontière sénégalaise, ainsi que d'autres "petits" tronçons pour la finalisation de la route Le Caire-Tanger-Dakar-Lagos, longue de 8400 km .
Le franchissement du fleuve Sénégal (900 m) freine aujourd'hui le développement des échanges entre le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, mais la Banque africaine de développement (BAD) s'est engagée à financer la réalisation de ce projet dont le coût est estimé à 40 millions d'euros.
Après avoir insisté sur l'importance de la coopération Sud-Sud, M. Ghellab a réaffirmé la disposition du Maroc à contribuer sur le plan technique à la réalisation des différents projets d'infrastructures en Afrique.
A la clôture de cette conférence ministérielle, à laquelle le Maroc a été également représenté par une délégation de six experts du ministère de l'Equipement, les bailleurs de fonds ont annoncé leurs promesses de financement des différents projets routiers, ferroviaires et énergétiques en Afrique.
L'Union européenne a ainsi manifesté son intérêt pour les ponts de Rosso et de Gambie, alors que la BAD, la Banque mondiale, la Banque islamique de développement (BID) et l'Agence française de développement (AFD) se sont engagés à contribuer à la réalisation d'autres infrastructures.
Le président sénégalais, Me Abdoulaye Wade, qui a ouvert la réunion, a appelé le secteur privé et les institutions régionales et multilatérales à s'impliquer davantage dans la réalisation des projets d'infrastructures en Afrique pour contribuer au désenclavement et au développement du continent.
Il a également plaidé pour de nouveaux schémas de financement autres que celles classiques pratiqués jusqu'à présent, comme le partenariat public-privé, la garantie des Etats pour des consortiums de sociétés nationales africaines d'énergie, les garanties en bons du trésor ou les droits de tirage spéciaux (DTS) pour l'Afrique.
source : MAP
|